Spectacle de la compagnie Rouge Cheyenne
Compagnie de théâtre Rouge Cheyenne

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Le laboureur de bohème

Création 2019 – Texte de 1402 écrit par Johannes Van Saaz, la nuit de la mort de sa femme.

Un spectacle pour cour, jardin, salle de classe ou appartement. Dans un environnement intime, une heure de dialogue entre un laboureur et la mort.

Nolwenn Le Tallec et Hugues Wülser © Cécile Genet

L’auteur, Johanes Van Saaz vit en 1400 dans la petite vill de Tepl, dans Les Sudètes, en bohème où il travaille comme secrétaire et notaire. Il mène une vie anonyme jusqu’à la mort de sa femme, qui décède peu après avoir accouché de son cinquième enfant à l’âge de 33 ans. Marqué par cet évènement Johannes von Saaz va rédiger le seul texte qui nous soit parvenu de lui « Le Laboureur de Bohème » dont la postérité sera grande dans l’Europe médiévale. Ce texte qui emprunte à la tradition des mystiques allemands et à la rhétorique du XIVème siècle. Empruntant à la pratique universitaire inspirée de l’Antiquité, celle de la « disputatio »ou de « l’altercatio », pratique qui voit les étudiants s’opposer dans un duel verbal au travers de l’argumentation et de la contre-argumentation. Il ne s’agit donc pas d’un dialogue au sens moderne du terme mais d’une bataille livrée par un homme contre sa propre fin dont l’inéquité lui paraît criante. C’est le combat de l’humanité qui dénie à la fatalité son pouvoir absolu et son ricanement devant la faiblesse de l’expérience individuelle. Ainsi Johannes, à travers ce texte, va universaliser sa douleur personnelle et tenter de réaliser une œuvre d’art dans laquelle notre condition universelle est interpellée.

François d’ Assise avait aussi interrogé ce scandale total qu’est notre propre finitude. Il avait conclu que , loin d’être notre ennemie, la mort est en quelque sorte, notre sœur. Mais une sœur qu’il est impossible d’apprivoiser et qui, en définitive, gagne à tous les coups. Cependant contre ce vertige et ces abîmes le laboureur se révolte, combat, refuse, rêve, invente puis accepte, ce qui le grandit, bref il vit au travers de sa rébellion. Impérieuse la mort affirme son pouvoir. La force est sa raison, son utilité ne peut être mise en doute et elle attaque les arguments des humains avec une implacable ironie. On peut apprécier dans ce texte sa beauté littéraire, on peut aussi s’en inspirer pour mettre en pratique une philosophie fondamentale au travers de cette rencontre métaphysique et, finalement, profondément humaine.

Un texte de Johannes Van Saaz, interprété par Nolwenn Le Tallec et Hugues Wülser.

Ici, un aperçu de cette rencontre:

Réalisation: Mathieu Palomo